Accueil L'Informel

1)- DEFINITION:

Le secteur informel comprend l’ensemble des opérateurs socio-économiques d’une localité (village, ville, province, région, pays, continent, …) qui évoluent consciemment ou inconsciemment en marge de son circuit économique. En Afrique, il est constitué en très grande partie de débrouillards de tous ordres  qui ne sont répertoriés nulle part (registre du commerce et des sociétés, caisse de sécurité sociale, législation du travail, statistiques économique et sociale officielles, etc..) et décidés à s’en sortir par tous les moyens.

2)- LES ORIGINES DE L’INFORMEL :

 Les origines du secteur informel en Afrique peuvent être regroupées dans trois (03) catégories : historique, économique et sociale.

1) Historique : Le contact de l’Afrique avec l’Orient et l’Occident et l’arrivée de nouvelles religions, ont eu pour conséquence principale la totale déstructuration psychologique et culturelle de ces peuples ; et la nature ayant horreur du vide, l’adoption par ces derniers d’autres codes de fonctionnement, d’autres valeurs humaines très éloignées de leur contexte et surtout de leur psyché. L’acculturation des peuples africains et de leur diaspora et donc leur incapacité caractérielle  à digérer les traumas de l’esclavage, de la traite négrière, du colonialisme et du néo-colonialisme, des guerres de migrations, de l’endo-colonialisme, … les amèneront à la différence de ceux du Japon et de la Chine par exemple à ne point chercher à créer par eux-mêmes les conditions matérielles et immatérielles de leur propre devenir en digérant facilement aussi bien les valeurs exogènesblanchisseur4 positives (démocraties politique, sociale et économique) que négatives (homosexualité, dogmes, corruption, ….) dans le but de consolider les leurs et de mieux se projeter culturellement et donc technologiquement dans le monde tout en enrichissant chaque jour davantage les valeurs humaines universelles. Dépourvues d’un centre de gravité fort, d’un point d’encrage  adéquat, de repères conséquents, l’Afrique et sa diaspora, devenues des jungles dans lesquelles on ne connaît point l’intérêt général, ont donné naissance à un exode rural incontrôlé qui déverse chaque jour davantage des milliers de bras dans les anciennes villes portuaires crées pour la plupart par les anciens colons d’où ils chercheront à partir par tous les moyens, après s’être battus dans l’informel, vers l’eldorado imaginaire que sont les pays des anciens colonisateurs.  

  

2) Economique : La première conséquence principale de cette acculturation de l’Afrique et de sa diaspora est l’extraversion de son économie et, surtout, l’incapacité de ses dirigeants, endo-colonialisme et culture de la mendicité obligent, à reformer, à transmuter cette situation en une économie endogène capable de créer chaque jour davantage d’emplois nécessaires à leur peuple. Les villes africaines sont aujourd’hui des vastes marchés en plein air, dans lesquels les produits de l’exode rural s’entassent selon leurs origines ethniques perpétuant ainsi les guerres de migration et la distribution des produits venus des pays des anciens colons et, de plus en plus, des nouveaux que sont les pays émergeants. A cela viennent s’ajouter les effets très nocifs des différentes crises internes (coups d’Etat, guerres civiles, politiques dictatoriales, népotisme, ...) et mondiales depuis les années soixante qui ont réussi le tour de force de détruire  totalement  et définitivement tous les produits des efforts de l’enthousiasme des indépendances africaines.       

                                                                                                                      quincaillerie ambulante

3) Sociale : La seconde conséquence principale de l’acculturation de l’Afrique et de sa diaspora est l’inadaptation de son système scolaire caractérisé par son taux très élevé de déperdition scolaire et  l’inadéquation formation-emploi dont la conséquence est la très forte propension à déverser chaque année dans le marché de l’emploi des milliers de jeunes gens sans aucune profession ou à tout le moins malformés. A cela viennent s’ajouter les politiques sociales inadaptées des gouvernements de ce continent et de sa diaspora et des autorités locales ainsi que les injonctions maléfiques des institutions de Brettons Wood que sont le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale.

 3)- COMPOSANTES :

 En Afrique, le secteur informel comprend l’ensemble des communautés de base de ses villes et de ses campagnes. On peut le  présenter sous deux angles : l’angle typologique et l’angle catégoriel.

1)-  Sur le plan typologique : A l’observation des modes opératoires, l’économie informelle se présente sous deux types : l’économie souterraine ou l’économie de l’ombre d’un côté et l’économie informelle à proprement parler.

Dans le premier cas, les activités de l’économie informelle sont au sens juridique illégales et donc formellement interdites par les lois et règlements étatiques. Exemple de la fraude fiscale et douanière, la contrebande, le trafic de stupéfiants, la corruption, la surfacturation etc.…. Ces activités ont un impact très négatif sur le plan du respect de l’ordre public, de la sécurité publique, santé publique, économie nationale formation des prix sur le marché et donc sur la concurrence.

Par contre, l’économie informelle proprement dite regroupe les activités relevant des différentes branches  de la sphère économique normale, mais qui s’exercent dans les conditions techniques, professionnelles, sécuritaires et règlementaires insuffisantes ou limitées. Cette économie regroupe en son sein l’informel toléré et l’informel règlementé. Elles ne sont en général pas répertoriées dans les comptes officiels ou sont insuffisamment pris en compte

vendeur ambulant de fruitsVue sous l’angle du profil des acteurs du secteur proprement dit, on peut tout aussi objectivement distinguer ses travailleurs par groupe:

-         Main d’œuvre sans qualification dans les activités subalternes (colportage, cirage de chaussures, pesage de personnes, gardiennage de maisons, lavage de voitures, vente de l’eau, balayage des rues, écrasage des condiments, collecte et revente des bouteilles vides etc.….)  

-         Une main d’œuvre ayant une certaine qualification ou un minimum d’investissement œuvrant dans la  création effective d’emplois (couture, coiffure, menuiserie, réparation automobile, photocopie négociée, plastification des pièces d’identité et diplômes, fabrication des cachets et sceaux, vitrerie, installation radioélectrique). Grossissent également ces rangs les déflatés du secteur économique moderne et les diplômés de l’enseignement secondaire et  du supérieur qui n’ont pas d’autres recours que de s’intégrer quelque part. 

2) Sur le plan de la catégorisation, il ya lieu de distinguer les acteurs du premier plan,  ceux du second et du troisième.

1) Les acteurs du secteur informel du premier plan sont les acteurs des marchés spontanés et les occupants temporaires des marchés formels. Il s’agit entre autres :

·        Des vendeurs à la sauvette et des « bayam selam »;

·        Des gargotières, des restaurateurs et des vendeuses d’aliments cuits sur le trottoir ;

·        Des chargeurs et pousseurs;

·        Des quincailleries ambulantes ; …

le roi de la fraille2) Les acteurs du secteur informel du second plan sont les petits métiers des villes et des campagnes africaines. Il s’agit entre autres :

·        Des boutiquiers ;

·        Des sportifs ;

·        Des artistes ;

·        Des artisans de tous genres : taximen et autres transporteurs, tailleurs et couturières, graveurs, cordonniers, coiffeurs et coiffeuses, garagistes, réparateurs radio, TV et/ou des appareils ménagers, ferrailleurs et soudeurs, menuisiers, blanchisseurs, vanniers, photographes, … ;

·        Des vendeurs d’étoffes, d’habits, de chaussures, etc. ;

·        Des cultivateurs, des éleveurs et des pêcheurs, …

3) Les acteurs du secteur informel du troisième plan sont ceux de l’ombre et des métiers domestiques. Il s’agit entre autres :

·        Des domestiques ;

·        Des gargotières, des restaurateurs et des vendeuses d’aliments cuits à domicile ;

·        Des chefs traditionnels, des tradi-praticiens et autres sages des communautés africaines;

·        Des retraités, des déflatés des secteurs privés et publics et des sans emplois d’aujourd’hui et de demain (élèves, étudiants et les actifs proches de la retraite) ;

·        Des employés des services publics et privés qui mènent des activités secondaires au cours de leur service (secrétariat, professeurs et enseignants qui vendent des photocopies, autres,  …) ;

·        Des vendeurs de drogues et autres stupéfiants, …                                                    gargotte2

 4)- CARACTERISTIQUES : 

 Les actifs de l’informel sont des marginaux socio-économiques par excellence totalement méconnus tant des administrations locales qu’internationales : Il n’existe pas de travaux de recherches dignes de ce nom sur l’informel et les petits métiers des villes et des campagnes africaines si ce n’est très peu et encore moins de statistiques fiables. Les experts de l’Institut National de la Statistique du Cameroun reconnaissent cependant qu’il représente autour de 70% du PIB de ce pays. Il faut néanmoins relever que le secteur informel des villes et des campagnes africaines a trois (03) caractéristiques principales :

1) Sur le plan de la répartition spatiale : l'informel est présent sur toute l’étendue du territoire du continent africain. Il regroupe des hommes et des femmes décidés à se prendre en charge ; des débrouillards qui souhaitent s’en sortir par tous les moyens ;

2) Sur le plan sociologique : l’informel touche toutes les couches sociales, toutes les catégories socioprofessionnelles et toutes les branches d’activités d’Afrique : l’informel est même tapis dans l’ombre des psychés de certaines classes socioprofessionnelles qui ne font pas partie des communautés de base tels que les universitaires, les fonctionnaires, … ; ils évoluent dans un élan beaucoup plus de solidarité mécanique qu’organique.

3) Sur le plan psychologique : l’informel en Afrique est marqué par une déstructuration psychologique et culturelle inqualifiable ainsi qu’une extraversion socio-économique sans pareil. Il véhicule par conséquent les pauvretés monétaire, technologique, sociale, culturelle, environnementale, morale, éthique, psychique, … ainsi que toutes sortes de déviances possibles : corruption, prostitution, homosexualité, pédophilie, zoophilie, drogue, alcoolisme, paresse, fétichisme, délinquances juvénile et sénile, tribalisme, népotisme,…

5)- LES EFFETS ET CONSEQUENCES  DU SECTEUR INFORMEL:

 Dans toutes les sociétés africaines le secteur informel produit entre autres les effets et conséquences suivants:

1.      Le désordre urbain ; 

2.      La pollution violente de la nature, le manque d’un minimum d’hygiène et le développement croissant de l’insalubrité et ainsi que des nuisances de toutes natures (auditives, sonores, olfactives, …) ;

3.      Le désordre culturel permanent, une manifestation de la crise de la conscience collective: les chefs traditionnels et autres sages de la tradition africaine comme les élites perpétuent désormais l’endo-colonialisme ;

4.      L’évasion fiscale due à la para commercialité, fuite devant l’impôt.  Non contribuables (fuient le fisc), non identifiables.

5.      La déshumanisation et l’exploitation abusive de la main d’œuvre avec pour corolaire, la précarité de l’emploi, le développement de l’économie de subsistance, … ;

6.      Le développement croissant des réseaux de  l’ombre : proxénètes, vendeurs de drogue, etc.…. ;

7.      Vente de produits de contrefaçon et de contrebande ;

8.      Le manque de renforcement des capacités ;

9.      La présence de financements occultes et de réseaux de blanchissement d’argent, une cartellisation mafieuse du système sur le plan du financement, de la distribution, du contrôle, et de la  sanction des comportements déviationnistes (Mains invisibles ou opérateurs dits « lanceurs » et « lancés »), ….

 5)-CONCLUSION :

 L’informel est désormais une hydre, une pieuvre ayant une excroissance monstrueuse et donc les tentacules menacent l’Afrique toute entière. Face à cette épée de Damoclès suspendue sur sa tête, l’Afrique et sa diaspora n’ont pas d’alternative. Pour réduire la pauvreté de leurs populations respectives, elles sont dans l’obligation de structurer le secteur informel et les petits métiers. Et pour cause, l’informel est désormais l’un des indices de la paupérisation de tout peuple. Plus il est développé dans un pays, plus la population de celui-ci est pauvre sur les plans matériel, financier, technologique, morale, éthique, culturel,  ….. Il est par conséquent  l’un des fléaux qui entravent fortement le développement de ce continent et de sa diaspora. Aussi, LE PADES  propose aux africains de réintroduire la démocratie politique, la démocratie économique et la démocratie sociale dans les mœurs de ces peuples à travers les structurations socioculturelle et socio-économiques de leurs secteurs informels en organisations de l’économie sociale et solidaire.

Formulaire d'Identification